
C’est une bien mauvaise habitude qu’a pris le PSG depuis la saison 2004-2005, date de sa dernière accession à la prestigieuse Ligue des Champions. Chaque année apporte son lot de déceptions et il est hélas bien plus commode de prévoir ce que le PSG perdra que ce qu’il récoltera en fin de saison. Cette année encore, Paris aura démontré son incapacité chronique à se transcender, en dépit des espoirs entretenus en début d’exercice. Il ne reste plus guère que le trophée favori des Parisiens pour rattraper en partie une énième saison catastrophique. Paris, c’est fini Retournons en arrière. Revenons à ce mois d’août 2009, à cette époque où les dirigeants Parisiens nourrissaient les plus grandes ambitions pour le club. Sébastien Bazin n’avait pas hésité à faire de son équipe une prétendante au podium et partant, à la Ligue des Champions. Mais on le sait, les résultats sont toujours plus parlants que les déclarations. Et aujourd’hui, ces résultats sont on ne peut plus significatifs. Significatifs du mal endémique du PSG, englué dans une piteuse 14e place qui n’a rien d’imméritée. Joueurs comme entraîneur se sont félicités tout au long de ce début de saison des prestations « encourageantes » (mot décidément très prisé du côté de la Porte de Saint-Cloud) affichées notamment au Parc des Princes. Seulement voilà, si le staff Parisien pouvait encore se voiler la face après les malchances Monégasques et Lyonnaises, les « déculottées » Lorientaises et Marseillaises ont eu raison de ce bel angélisme. Samedi, le PSG devait se rassurer face à une équipe Lensoise déterminée à se venger de celui qui l’avait privé d’une Coupe de la Ligue en 2008, et qui s’était même payé le luxe de l’insulter par voie de banderole. Ce fut en partie chose faite avec un score nul (1-1), plutôt encourageant chez un adversaire particulièrement coriace à domicile. Tous, entraîneur en tête, se sont réjouis de ce résultat, amorce d’un rébellion pourtant bien tardive eu égard aux nombreux signaux d’alarme depuis le début de saison. Voilà désormais le nouveau visage du Paris-Saint-Germain, double Champion de France, vainqueur de la Coupe des Coupes, et refuge de plusieurs ballons d’Or. Un gagne-petit, se satisfaisant de résultats mesquins enlevés sans la manière. Car il ne faut pas s’y tromper, le nul obtenu à Lens doit beaucoup plus à la chance qu’à la détermination des rouge et bleu. Sans un très bon coup-franc de Sankharé, Sessègnon serait sans doute rentré bredouille de sa campagne nordiste. Et quelle qu’aurait été l’issue de ce match, le constat serait demeuré inchangé : la saison du PSG est terminée. Désormais tenu à distance des places européennes par des adversaires nettement plus talentueux et déterminés (Monaco, Rennes, Auxerre, Lille ou Marseille), Kombouaré et consorts ne peuvent plus rien attendre de cette saison qui restera à n’en pas douter une des pires de l’histoire du club. Après une élimination éclaire en Coupe de la Ligue par Guingamp, ne reste à l’ancienne terreur des années 1990 que « son » trophée, la Coupe de France… Une huitième pour la route ? Encore une habitude prise par le club francilien. Mais cette fois, difficile de s’en plaindre. Depuis le début des années 1980, Paris n’a cessé de construire sa réputation d’ « équipe de coupe ». Une réputation qui ne saurait être démentie même ces dernières années, avec notamment une victoire en Coupe de la Ligue il y a à peine deux ans. Cette année encore, le PSG se battra pour la Coupe de France, sa préférée. Non pas tant pour la victoire en elle-même que pour accéder à l’Europe, pratique récurrente d’un club incapable d’obtenir le sésame européen par le biais du championnat. A quelques encablures de sa confrontation à Auxerre en quarts de finale, tous les espoirs sont permis. Une victoire redorerait quelque peu un bilan bien terne, et permettrait de préparer beaucoup plus sereinement la saison prochaine. Car sans Coupe d’Europe, difficile d’imaginer l’arrivée de joueurs d’envergure internationale dans « la plus belle ville du monde ». Ce constat, les dirigeants l’ont fait depuis longtemps. Robin Leproux n’avait pas hésité à afficher sa volonté de remporter la Coupe de France, conscient que la saison parisienne serait jugée à l’aune de ce trophée. Mais Paris peut-il vraiment gagner cette coupe ? Qui ne saute pas est Marseillais, et qui croit aux choses les plus folles est Parisien. Tous les supporters s’accordent donc pour une fois avec les dirigeants pour faire de la Coupe de France le gage de la réussite Parisienne, et ce malgré un jeu toujours aussi inquiétant. Avant même d’envisager la poursuite de l’épopée en coupe, l’opposition à l’AJ Auxerre fait figure de match au sommet. Les Auxerrois réalisent actuellement une très belle saison, à l’image de leur prodige Jelen, qui avait fait très mal aux rouge et bleu au Parc des Princes. Et face aux erreurs chaque semaine plus nombreuses de la défense centrale Parisienne, illustrées notamment par des prestations catastrophiques de Camara, il y a fort à parier que ce match ne se terminera pas aux tirs au but. Reste que Paris a démontré depuis longtemps une capacité à se « sortir les tripes » en coupe, et ce indépendamment de son classement en championnat. Malgré le niveau de jeu affligeant actuellement affiché par les joueurs Parisiens, l’effectif possède objectivement des individualités propres à faire pencher la balance du succès vers les hôtes du Parc des Princes. Il appartient désormais au groupe de Kombouaré de situer ses ambitions pour l’année prochaine. Quoi qu’on en dise, Paris a les ressources nécessaires pour remporter une coupe qu’il ne connaît que trop bien. Le temps presse, et le club le sait. Le divorce est déjà consommé avec l’actionnaire, pourvu qu’il ne le soit pas bientôt avec le club dans son entier. On en parle sur le forum cliquez ici |